Alpinisme

Escalade au Barbet, le grand dièdre

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C’est la voie la plus parcourue de la face nord-ouest, c’est aussi le premier itinéraire ouvert au Barbet.
TDinf / 280 m / 5c+ obligatoire / peu équipé

1°asc. : Jean-Pierre BOBO et Pierre SALA le 25 septembre 1960.

1° solitaire : Bernard PHILIPPE en septembre 1969.

1° hivernale : M et P FAYOLLE en décembre 1969.

1° naturiste : M FRILEUX et P IMPUDIQUE en août 1970.


Au départ du relais de la troisième longueur (dans le dièdre), se trouve un petit dévers qui se passait en artificielle, aujourd’hui ce passage est coté 5c/6a.

Variantes :

1. On peut gravir le socle en attaquant plus à droite par une sorte de couloir qui correspond au départ de la Mauber (un pas de 5 au bloc coincé).

2. Au milieu du dièdre traverser à gauche. Suivre à peu près le fil de l’éperon. Au milieu d’un gros bloc, traverser à gauche (5) puis continuer directement. On arrive au sommet du dièdre.

3. Au niveau de la grande vire herbeuse continuer jusqu’au “trou du chouca” (un pas de 4+) de là sortir par un dièdre blanc ou revenir au milieu de la face et sortir facilement.

4. Au niveau du troisième relais, rejoindre le pilier sur votre gauche (4+/5), c’est l’itinéraire reconnu comme le plus élégant.

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Alpinisme hivernal

Alpinisme hivernal

“Prendre de la hauteur”
Prades peut s’enorgueillir de ses deux beffrois mythiques sur lesquels, tôt ou tard, notre regard s’élève. L’un transperce le centre-ville, il fait partie de l’église Saint Pierre. Surmonté de son appendice en dentelle de fer forgé il laisse en son sein une cloche battue par la tramontane, ainsi les sonorités des matines nous orientent vers les cieux. L’autre son aîné, au sud de la ville, domine par sa stature de montagne imposante, donne au bourg qui s’y nicha à ses pieds une prétention au titre de capitale du Canigo. L’hiver sa cime prend en ce temps-là l’allure d’une belle meringue suspendue comme achalandé par un désir de Damoclès à nos prétentieuses envies. Il vous tombe à ce moment-là un jour à l’impromptu, une appétence à la tutoyer, c’est la rencontre.
Il faut alors prendre congé du labyrinthe des rues anthropisé de Prades et s’enfoncer sur le fil d’un chemin fendant une nature pleine de naturalité d’où l’on quitte peu à peu l’habit de citadin pour rentrer dans celui de l’homme des bois. Le silence n’est plus que la réponse au corps abasourdi par le changement. Le cœur sous l’effort se rythme en caisse basse, sa résonance caverneuse se joue jusque dans le crâne, les fleurs printanières font place au tapis de neige, le souffle se fait court, les feuillus résineux remplacent les feuillus. La montée au refuge a toujours été une étape de transition entre deux mondes, la nuit, est parfois une lutte des antagonismes ou l’homme au réveil s’avoue vaincu. Du refuge on voit le soleil qui sort de la Méditerranéen, sa lumière réfractée par l’eau échappe un rayon vert signe mythologique du passage d’entre les morts des vivants. C’est pour nous comme un débouché des doutes émis la veille à celui bien présent de poursuivre vers la cime, résigné à affronter les éléments.
L’hiver est lisse, la trace directe, il n’y a d’obstacle que quelques arbres, lacs, cailloux, rhododendrons, sentiers, ne sont plus qu’un souvenir dans la mémoire d’un été passé, tout est enfoui par ce matelas de neige qui absorbe tout jusqu’à mettre en sourdine les moindres bruits.
Nous sommes tous les deux dans l’antichambre du cirque du Barbet-Canigo, mur rocheux qui nous domine, mobilier pour géants Catalans, nous humains sommes redevenus enfants tout petits de taille, écrasée… comme remis à sa place dans la prétention des hommes.
Acculé dans le cirque on s’échappe par le couloir de la brèche Durier, corridor étroit entouré de hautes murailles petit coup de lame imaginaire séparant le Barbet du Canigo. Nos crampons ajustés à nos chaussures s’enfoncent de quelques centimètres dans la neige, nous sommes retenus, suspendu dans le vide par ces quelques bouts d’acier, la corde nous relie comme un cordon ombilical, elle à la vocation de nous rassurer plus que de nous retenir d’une chute, il y a ce regard complice, et ça fonctionne. La sortie du couloir est une porte ouverte sur l’autre versant, celui du Sud de Mariailles, il faudra tourner à droite remonter la “cheminée du Canigo” elle n’est qu’une petite étole d’albâtre broché à son fait par La Croix, la neige est glacée luisante sous le soleil. Nous y sommes, on embrase l’horizon, Prades est là en dessous, miniature de monopoly, on joue dans ses rues pour retrouver le connu, et voir le ridicule de sa maison si solide et forte d’en bas si petite et fragile d’en haut. Les vergers sont inondés de lumières, la chaleur nous embaume l’âme. “Tu t’endors ou quoi ? Semble dire une bise glaciale nous sortant de la torpeur, il est temps de descendre retrouver la bière au zinc du Central, le sourire béa la mousse à la lèvre en dira long sur l’incapacité à réintégrer le sol qu’on avait tant de mal à quitter la veille, le bar ferme il est temps de rejoindre la nuit elle aboutira lundi matin dans la fourmilière des hommes qu’un vendredi libérateur portera vers d’autres aventures.
 
L’alpinisme hivernal est une activité qui demande un apprentissage souvent long et rigoureux. Pour cela deux solutions évidentes sortent du lot : joindre le Club Alpin de Prades (association de bénévoles) ou partir avec un Guide de Hautes Montagnes.